Week-end à Avignon, divin théâtre pour une escapade.
Par Florence Donnarel
Publié le 21/02/2022. Le Figaro.

fort saint andre

CITY GUIDE - Sur les rives du Rhône, entre les Alpilles, le Luberon et le mont Ventoux, le Palais des papes défie le ciel de Provence. À ses pieds, un lacis de ruelles et un décor magistral pour les voyageurs épris de patrimoine.

Si les Romains et les marchands du Moyen-Âge ont marqué de leur présence ce site riverain du Rhône, c'est surtout l'installation, même intermittente, du pape Clément V qui fait basculer le destin du bourg d'Avignon au début du XIVe siècle. Bientôt, autour du Palais des papes fleurissent demeures de cardinaux, églises et couvents. De ce siècle religieux, qui verra neuf papes (dont deux antipapes) se succéder, la ville a gardé la mémoire.

Le visiteur est frappé par le nombre de clochers jaillis des toits en tuile et ces façades de chapelles qui surgissent si souvent au détour d'une rue. En 1947, Jean Vilar y imagina un festival de théâtre qui donne un visage joyeusement saltimbanque à la cité chaque mois de juillet. Mais toutes les saisons se prêtent à une escale dans cette ville d'histoire aux accents populaires.

L'arrivée

En train

Depuis Paris, le train s'impose pour sa liaison directe en TGV en 2h40. Compter une heure depuis Lyon. Depuis la gare TGV d'Avignon, une liaison en train TER ou en bus rallie le centre historique en une dizaine de minutes.

En avion

L'aéroport le plus proche et le mieux desservi est celui de Marseille-Provence, accessible en voiture en 45 minutes environ ou en navette. En taxi, prévoir 170 € depuis l'aéroport (taxis-aeroport.com). Le centre-ville d'Avignon (intra-muros) se parcourt aisément à pied mais on peut aussi se déplacer en deux roues avec les vélos en libre-service Velopop (velopop.fr) ou en empruntant le triporteur électrique La Baladine (billet : 0,5 €).

En voiture

Pour les personnes véhiculées, mieux vaut stationner en dehors des remparts, dans les parkings de l'île Piot ou le parking des Italiens, reliés par des bus gratuits.

Se renseigner

L'office du tourisme d'Avignon propose un pass de 24 ou 48 heures donnant accès aux principaux sites de la ville et de Villeneuve les Avignon, de l'autre côté du Rhône. Tarif : 21 € et 28 € respectivement par personne.
En ce moment

À VOIR

L'exposition Rayon Fossile à La Collection Lambert

lambert

Le musée d'art contemporain d'Avignon, hébergé dans deux hôtels particuliers du XVIIIe siècle, convie le visiteur à un voyage initiatique à travers le travail d'Abdelkader Benchamma. En noir et blanc, parfois en couleurs, ses dessins esquissent un univers onirique au puissant vocabulaire de formes. Une exposition doublement remarquable : par le nombre d'œuvres présentées (couvrant une période d'une quinzaine d'années) et par la manière dont l'artiste investit les lieux avec des créations réalisées pour l'évènement.

La Collection Lambert, exposition Rayon Fossile, Abdelkader Benchamma, 29 octobre 2021- 20 février 2022. Tarif : 10 €. 5, rue Violette, 84000 Avignon. Tél. : 04 90 16 56 20.

LA BONNE TABLE

Pollen

pollen

Étoilé en 2021 et installé dans un nouvel écrin, en bois clair avec cuisine ouverte, Mathieu Desmarest signe une partition simple et sincère nourrie de ses souvenirs gastronomiques d'enfance et de ses coups de cœur du moment. Son menu surprise nous a émerveillés avec son aérienne mousse de champignons, noisettes torréfiées et pickles de graines de moutarde ou son paleron de bœuf croustillant, jus corsé au vin rouge et radis roses de la Barthelasse. Carte des vins à dominante bio et biodynamie.

Au déjeuner : 3 séquences à 35 € (55 € avec l'accord mets et vins) ou 6 séquences à 80 € (120 € avec les vins). Au dîner : formule avec 6 séquences uniquement. Pollen, 18 rue Joseph Vernet, 84000 Avignon. Tél. : 04 86 34 93 74.

L'HÔTEL EN VUE

L'hôtel Bristol Avignon

bristol

À l'entrée sud de la vieille ville, cette adresse historique a fait peau neuve en se parant d'atours Art déco qui lui ont valu une quatrième étoile. La rénovation réussie mixe les papiers peints graphiques, une palette vibrante de bleus et de verts et un mobilier stylé qui habille les beaux volumes du lobby. Les chambres les plus prisées disposent d'une vue dégagée sur la rue Jean Jaurès. Dans ces unités toutes confortables, les salles de bains sont restées assez simples. Petit déjeuner buffet de qualité. Une adresse avec un bon rapport qualité-prix.

Hôtel Bristol Avignon, 44 Cours Jean Jaurès. Tél. : 04 90 16 48 48. Chambre double à partir de 80 €. Petit déjeuner : 15 €.

JOUR 1 : PLONGÉE DANS LE CŒUR HISTORIQUE

pont avignon

Matinée

Débutez votre visite par le berceau de la cité, le Rocher des Doms, surplombant le Rhône et couvert d'un jardin arboré. Sur l'autre rive, le fort Saint-André et la tour Philippe-Le-Bel à Villeneuve-lès-Avignon interpellent. Au nord, le mont Ventoux pelé, souvent coiffé de neige en hiver, veille sur la Provence.

Tout près, la cathédrale des Doms, couronnée d'une vierge dorée, jouxte le Palais des papes, monument gothique le plus grand d'Europe. Hautes façades percées de mâchicoulis, murs crénelés et tours, en poivrière ou carrées, veillent sur les cloîtres et les jardins. Ces derniers viennent d'être ouverts au public et apportent une agréable respiration à une visite incontournable. Les temps forts ? Les chapelles et chambres peintes ainsi que la loggia donnant sur la cour d'honneur. La grande chapelle accueille des expositions. Salgado Amazônia rassemblant des œuvres du célèbre photographe brésilien sera présentée de juin à octobre 2022. Si l'envie de vous attarder dans le monument vous démange, sachez qu'en été, un prestigieux hôtel de la ville (La Mirande en 2021) aménage une chambre au sommet d'une des tours. Pour 2022, se renseigner auprès de l'Office du tourisme pour réserver.

Quittez le palais pour vous rapprocher du fleuve. Vous pouvez faire quelques pas sur le pont d'Avignon, de son vrai nom pont Bénezet. Quatre arches enjambent encore le Rhône, vestiges d'un ouvrage malmené par les crues dont on cessa l'entretien au XVIIe siècle. Un moment de rêverie avant de s'enfoncer dans le dédale de rues intra-muros pour la pause déjeuner.

Déjeuner

Pas très loin du pont, rue Vernet, le chef Mathieu Desmarets officie dans son restaurant désormais étoilé Pollen et a ouvert, dans un tout autre registre, le Moloko, une « cantine amicale » avec un plat du jour à 15€. Il faut venir tôt car il offre peu de tables.

Pour concilier shopping et pause déjeuner, direction Tulipe, le café restaurant de la boutique Le Nid qui sert une cuisine éthique et locale près de la place Saint-Didier. Ce concept store propose des produits de fabrication locale ou française souvent éco-conçus, autour des arts de la table, du mobilier et du textile.

Enfin, dans cette ville marquée par la présence religieuse, il est aussi possible de (très bien) déjeuner dans une minuscule chapelle, près de la porte Saint-Lazare où le chef Adonis Gana signe une cuisine de la naturalité. La Chapelle comprend aussi une boutique d'artisans d'art et d'agréables extérieurs.

Après-midi

Il est temps de flâner et de se perdre dans le labyrinthe de ruelles du centre ancien. On finit toujours par déboucher sur une délicieuse place flanquée d'une église comme Saint-Pierre, près du Palais des papes, Saint-Didier ou Les Corps Saints plus au sud. On tombe vite sous le charme de la rue des Teinturiers, dans le quart sud-est, une voie pavée pittoresque avec ses grandes roues à aube sur la Sorgue évoquant des temps ouvriers. Tout près, la rue de la Bonneterie et la rue des Fourbisseurs fédèrent des artisans-créateurs locaux réunis sous la bannière Les Fabricateurs. Dans le quartier, il faut aussi découvrir l'univers baroque de Vox Populi où la créatrice Pascale Palun expose ses œuvres décoratives sur des parpaings sous la verrière d'une maison bourgeoise du XIXe siècle.

Lors de votre promenade, n'oubliez pas de lever les yeux pour découvrir des détails sur les façades : vierges sculptées dans des niches, balcons en fer forgé, frondaisons en stuc et portes monumentales. Elles signalent ces hôtels particuliers qui éclosent au XVIIe et XVIIIe siècle. Rue du Roi René, deux palais au parfum d'Italie se toisent. L'escalier d'apparat orné de peintures de l'hôtel Berton des Balbes de Crillon (une copropriété privée) se dévoile lors de visites privées organisées par l'Office du tourisme. Plusieurs hôtels abritent des espaces culturels. Parmi eux, visitez le musée Angladon situé près de la place Saint-Didier, pour découvrir des œuvres peu connues de Van Gogh, Cézanne ou Picasso.

En fin de journée, pour un shopping chic, remontez la rue Vernet qui aligne les boutiques de marque et achevez votre promenade sur la place Crillon, près de la porte de l'Oulle. Vous aimerez son atmosphère romanesque avec son ancien théâtre (abritant The next door, une boutique de street wear tendance) et son platane penché.

Apéritif et dîner

En saison estivale, profitez des innombrables terrasses de la ville pour l'apéritif. Nos préférées pour déguster des nectars triés sur le volet sur les places les plus agréables et festives de la ville ? Celles des bars à vins Le 17, place des Corps Saints, ou de Marions-nous, place des Carmes, Pour une vue imprenable sur Avignon, des vins, des planchas et une ambiance de vacances, cap sur la péniche Vinotage, amarré sur l'île Piot (sud de l'île de la Barthelasse) à l'ouest de la cité.

Si vous aimez l'insolite, rendez-vous à la maison des Fogasses, un hôtel particulier intra-muros à la décoration extravagante où Corinne Chicheportiche reçoit avec fantaisie dans son jardin ombragé ou dans un de ses salons. Appelez au préalable, les dates d'ouvertures sont variables (cocktails, dîners, brunch sont proposés selon la période).

Enfin, les gastronomes iront dîner à L'Agape pour découvrir la cuisine généreuse du chef Julien Gleize au parcours étoilé. Il magnifie les produits du terroir à travers des classiques revisités et des plats plus audacieux.

Soirée

Pour une atmosphère feutrée, allez boire un verre au bar de La Mirande, un hôtel 5* situé dans une demeure du XIVe siècle au pied du Palais des papes. On s'installe dans le patio, le jardin ou dans l'un des salons richement décorés dans un esprit XVIIIe siècle pour un voyage dans le temps.

Les amateurs de soirées musicales miseront sur le Délirium, une résidence d'artistes, ou l'Ajmi Jazz Club qui proposent quelques dates de concerts dans l'année (vérifiez sur leur site). Et pourquoi pas une soirée au théâtre, au Chêne noir par exemple, alors qu'une programmation de qualité fait vivre l'art de la comédie toute l'année à Avignon ?


JOUR 2 : ESCAPADE À VILLENEUVE-LÈS-AVIGNON

ruelle villeneuve

Matinée

C'est le moment de franchir le Rhône pour explorer les architectures lorgnées depuis le rocher des Doms. Pour prendre des forces avant cette virée culturelle réalisable à pied ou en deux roues (notre préférence), brunchez intra-muros au Café Roma, dans les anciennes écuries du Palais des papes.

Enfourchez ensuite un vélo disponible en libre-service pour emprunter le pont Edouard Daladier au nord-ouest des remparts. Quelques coups de pédales et vous voilà à la campagne, sur l'île de la Barthelasse, la plus grande île fluviale d'Europe, avec vue somptueuse sur la cité des papes. On peut facilement rouler deux heures entre les champs cultivés et faire escale à la Maison Manguin, un distillateur qui se distingue par d'étonnants spiritueux à l'olive. On peut aussi directement rejoindre Villeneuve les Avignon où l'imposante tour Philippe-le-Bel marquait autrefois l'entrée dans le Royaume de France. La butte couronnée de remparts abrite l'abbaye Saint-André. De l'édifice religieux il ne reste que des vestiges mais les propriétaires ont merveilleusement aménagé les lieux avec des jardins à l'italienne et accueillent des expositions. Une halte inspirante.

On poursuit la promenade au cœur de ce faubourg chic d'Avignon en découvrant un des plus vastes monastères de l'ordre des Chartreux, fondé par le pape Innocent VI en 1356. Aujourd'hui résidence d'artistes, La Chartreuse donne à voir l'architecture typique, faite de cellules, de cloîtres et de jardin de ces ermitages médiévaux.

Déjeuner

chartreuse

Près de La Chartreuse, installez-vous pour bruncher dans la cour d'une ancienne livrée cardinalice, à la Divigne (Villeneuve les Avignon était très prisée des hauts dignitaires au temps des papes). Envie d'un vrai déjeuner ? Regagnez le centre historique d'Avignon pour une étape gourmande dans les halles de la ville, place Pie. Humez les parfums de la Provence devant les étals des producteurs et artisans locaux avant de passer à table à Cuisine Centr'Halles. Dans un corner, le chef d'origine américaine Jonathan Chiri exécute une cuisine délicate aux accents du Midi, ainsi qu'un plat cajun qui a assuré sa renommée.

Après-midi

Poursuivez votre flânerie dans les ruelles de la vieille ville que vous n'aurez pas eu le temps d'explorer la veille. Place des Carmes par exemple (qui accueille un marché aux puces jusqu'à 13h) ou place Pignotte, toutes deux très agréables, dans le quart nord-est de la ville.

Pour une pause cosy, ponctuez votre déambulation par un thé dans les jardins de La Mirande ou de l'hôtel d'Europe. Partez ensuite découvrir la Collection Lambert, le musée d'art contemporain de haut vol d'Avignon. Entre les expositions temporaires et permanentes, régulièrement renouvelées à partir d'œuvres du fond, on peut facilement passer deux heures en tête à tête avec des pièces de Buren, Sol LeWitt et Jean-Michel Basquiat. Le patrimoine religieux n'est pas la seule richesse de cette cité atypique de Provence.

Fin de journée

Si vous quittez la ville tardivement, en été, achevez votre séjour par une descente du Rhône en canoë à la tombée de la nuit. Au départ de l'île de la Barthelasse, votre embarcation glisse sur l'eau, frôlant des rives sauvages piquées de frênes et de saules. Puis c'est l'émerveillement quand apparaît au crépuscule la cité illuminée. Le pont Bénezet et la silhouette du Palais des papes cisèlent un majestueux décor pour le dernier acte de votre escapade avignonnaise.

Carnet d'adresses

BONNES TABLES

L'Agape, 21 place des Corps Saints. Tél. : 04 90 85 04 06.

La Chapelle, 14 rue Saint Bernard. Tél. : 06 68 32 91 56.

Tulipe, 7 rue des Trois Faucons. Tél. : 04 90 01 70 64.

Cuisine Centr'Halles, les halles d'Avignon, 18 place Pie. Tél. : 06 46 89 85 33.

Café Roma, 4 rue des escaliers Sainte Anne. Tél. : 04 90 86 86 77.

Au jardin des Carmes (réouverture mars 2022), 21 place des Carmes. Tél. : 09 54 25 10 67.

Moloko, 47 rue Joseph Vernet. Tél. : 04 65 87 63 41.

La Divigne, 57 rue de la république, 30 400 Villeneuve-lès-Avignon. Tél. : 04 90 22 00 00.

SORTIR, BOIRE UN VERRE

Le 17 Place aux vins, 74 place des Corps Saints. Tél. : 09 84 47 43 39.

Marions-nous, 1, place des Carmes. Tél. : 04 90 14 20 20.

Vinotage, Chemin de l'île Piot. Tél. : 04 65 81 16 55.

La Mirande, 4, place de l'Amirande. Tél. : 04 90 14 20 20.

La maison de Fogasses, 37 rue des fourbisseurs. Tél. : 06 63 80 03 37.

Ajmi Jazz club – La Manutention, scène de musiques actuelles dédiées au jazz et musiques improvisées. 4, rue des escaliers Sainte-Anne. Tél. : 04 13 39 07 85.

SHOPPING

Vox Populi, 35 bis rue Bonneterie. Tél. : 04 86 65 59 08.

Le Nid, 7 rue des Trois Faucons. Tél. : 09 63 61 70 64

The Next Door Baroncelli, concept store. 5 rue Folco de Baroncelli. Tél : 04 90 82 36 97.

Distillerie Manguin, 784 Chemin des poiriers. Tél. : 04 90 82 62 29.

MUSÉES

Palais des Papes, Place du Palais. Tél. : 04 32 74 32 74.

Le pont Saint-Bénezet, rue Ferruce. Tél. : 04 32 74 32 74.

Musée Angladon, 5 rue Laboureur. Tél : 04 90 82 29 03.

La Chartreuse, 58 rue de la République, Villeneuve-lès-Avignon. Tél. : 04 90 15 24 24.

L'abbaye de Saint-André, rue montée du Fort, Villeneuve-lès-Avignon. Tél. : 04 90 25 55 95.

ÉVÉNEMENTS

Le Festival d'Avignon, une des plus grandes manifestations internationales du spectacle vivant. Chaque année, en juillet (en 2022 : du 7 au 26 juillet).

OÙ DORMIR ?

Hôtel de l'Horloge

Dans le centre historique, les chambres avec terrasse (ou de la catégorie Privilège et Suite) de l'hôtel de l'Horloge offrent un bon rapport qualité-prix dans une adresse 4* à l'atmosphère chaleureuse avec ses portes en bois, ses sols en parquet ou jonc de mer. L'une d'elles jouit d'une vue sur le Palais des Papes. Seul bémol en termes de déco, la salle de petit déjeuner avec sa verrière un brin désuète. À partir de 115 € la chambre double pour les catégories recommandées. Petit déjeuner buffet : 18 €.

Hôtel de l'Horloge, place de l'Horloge. Tél. : 04 90 16 42 00.

ECHAPPEES BELLES
Le magazine de France 5 se penche notamment sur l’origine de la place du Palais des papes, à Avignon. B. FAINZANG/BO TRAVAIL/FRANCE 5

Le Monde.

Une « belle échappée » à la saveur estivale en Avignon, sur France 5

Le magazine « Echappées belles » propose une plongée insolite dans la Cité des papes, suivi d’un retour sur les coulisses de l’édition 2017 du Festival, annulé cette année.

Par Catherine Pacary 04 juillet 2020.

A la sidération d’un Festival d’Avignon annulé, pour la deuxième fois depuis sa création en 1947, a succédé une mobilisation tous azimuts pour ne pas laisser le public orphelin. Sur le terrain, en autorisant quelques spectacles du « off » ; sur le site Festival-avignon.com étoffé, qui met à disposition des portraits, rencontres et contenus numériques originaux ; et à la télévision, où l’audiovisuel public et Arte proposent de « rêver Avignon » grâce à une programmation spécifique jusqu’au samedi 25 juillet. Un songe estival qui débute par un aperçu touristique et dynamique de la Cité des papes, dans les pas de Tiga, présentatrice du magazine « Echappées belles » depuis 2018.

« Let’s go ! », Tiga a l’énergie communicative et le tutoiement naturel. En quelques mots presque chantés depuis le pont de Bénézet, elle évacue les indispensables sur la capitale européenne de la culture en 2000, classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

Avant de se rendre dans le jardin de Baracane, première des très nombreuses étapes de cette virée vauclusienne passant par Piolenc, Gigondas, Villeneuve-lès-Avignon, Carpentras, les contreforts du mont Ventoux… Sans oublier le cœur du sujet.
Une étude du mistral

« A gauche, Villeneuve-lès-Avignon, à droite… » S’ensuit l’histoire de la cité-Etat qui ne fut rattachée à la France qu’après la Révolution. Le magazine alterne rendez-vous incontournables, comme l’origine de la place du Palais des papes, l’histoire commerciale depuis l’Antiquité, avec des passages plus légers, comme l’achat d’une fougasse ou la visite du club d’aviron, dynamisé par une médaille d’or à Rio en 2016 obtenue par un enfant du pays, Jérémie Azou, en double avec Pierre Houin.

Une étude sociologique et scientifique du mistral et un zoom sur la reconversion de bâtiments religieux – depuis la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon devenue lieu de résidence pour écrivains, à l’ancienne église aujourd’hui agence Pôle emploi – complètent la visite.

Tiga, qui est pour beaucoup dans l’attrait du programme, sourit, fait des bises, étreint les gens qu’elle rencontre : Thierry Azzolin l’apiculteur ; Brune Passini la savonnière ; Benjamin Masson le producteur de spiruline ; ou encore Claude Amirat, régisseur général du Festival d’Avignon…
Dans les coulisses d’Avignon

On retrouve ce dernier dans le documentaire Dans les coulisses du 71e Festival d’Avignon, rediffusé en deuxième partie de soirée. Une excellente initiative que l’on regarde autrement, différemment, trois ans après son tournage.

Les coulisses d’Avignon, c’est par exemple la billetterie (122 000 places), qui tourne à plein régime un mois avant l’ouverture, et trente salariés permanents qui s’activent dans le cloître Saint-Louis.

Le documentaire suit plus particulièrement trois spectacles : Unwanted, création de la chorégraphe Dorothée Munyaneza, originaire du Rwanda ; Saïgon, par Caroline Guiela Nguyen ; et Antigone, de Sophocle, interprétée par la troupe japonaise Satoshi Miyagi.

On y voit le directeur du Festival, Olivier Py, venir présenter ce dernier à plusieurs groupes de scolaires installés sur les gradins de la Cour d’honneur du Palais des papes : « C’est quelque chose de beaucoup plus haut [que d’assister à un spectacle] qui se passe quand vous êtes assis ici : vous appartenez à la République. Vous représentez la République. »

 

patrice mounier

Avignon : « On va augmenter les prix de nos chambres de 500 % sur Booking », des hôteliers en colère contre la plateforme de réservation.

20 minutes Publié le 25/06/20 par Adrien Max.

INTERVIEW Patrice Mounier, président de l’union des métiers et des industries de l’hôtellerie de Vaucluse, mène une fronde contre la plateforme de réservation Booking avec une vingtaine d’hôteliers.

 

L’Umih mène une fronde contre Booking, une vingtaine d’hôtels vont augmenter le prix de leurs chambres jusqu’à 500 % du 10 au 17 juillet.
Ils protestent contre les commissions prises par Booking, notamment en cette période de crise du Covid-19.

La colère monte chez les hôteliers de France, et plus particulièrement chez ceux d'Avignon. Le président de l’union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) de Vaucluse, Patrick Mounier, mène la fronde contre la plateforme de réservation en ligne Booking avec une vingtaine d’hôteliers d’Avignon. Ils s’opposent principalement aux commissions « à la tête du client » et souhaitent « sensibiliser » les clients.

Pourquoi êtes-vous en colère contre Booking ?

Booking a pris les hôteliers en otage en leur imposant des commissions que l’on juge démesurées. Elles ne sont pas au fait de la réalité numérique, ils les ont fixés à une époque où ils le faisaient un peu à la tête du client. Elles oscillent entre 13 et 25 % selon les hôtels, c’est la raison pour laquelle on est en colère depuis un moment. On avait déjà essayé de faire des actions mais c’est toujours tombé à l’eau.

Pourquoi aller jusqu’au bout cette fois ?

Pendant le Covid-19 et le confinement, Booking a obligé certains hôteliers à rembourser des réservations non modulables. De base, les hôteliers étaient favorables à procéder à certains remboursements mais vu la situation difficile, cette obligation tombe mal. Umih nationale a écrit à Booking, ils n’ont jamais répondu. Ils ont seulement eu une visioconférence, et Booking les a envoyés dans les roses.

Que réclamez-vous ?

On demande une baisse des commissions à 5 % au moins pour cet été, la période s’annonce déjà très compliquée avec le Covid-19. Cela nous permettrait de nous mettre tous autour de la table pour ouvrir des négociations pour la suite.

Vivez-vous la même situation avec d’autres plateformes de réservation ?

Nous avons également sollicité Expédia, et eux nous ont répondu. Des discussions ont été entamées. Le Bon Coin vient également de créer une plateforme de réservation pour l’hôtellerie. Ils ont choisi de n’appliquer aucune commission jusqu’au 31 décembre et elles seront inférieures à 10 % pour la suite.

Quelle action comptez vous mener pour vous faire entendre ?

La plateforme Booking travaille sur des territoires, ce qui nous empêche de mener une action nationale. Il y en a déjà eu à Ajaccio, et d’autres sont prévues à Cannes. Ici à Avignon, une vingtaine d’hôtels vont augmenter les prix de nos chambres de 300, 400 voire 500 % sur la plateforme booking entre le 10 et le 17 juillet. Le client va se dire, il y a quelque chose qui ne va pas avec Booking, il pourra se rediriger vers d’autres plateformes ou directement chez nous. On accepte de prendre le risque qu’il parte ailleurs, on veut faire plier Booking.

Est-ce aussi un moyen de sensibiliser vos clients ?

On va mettre en place des actions médiatiques pour réapprendre aux gens à réserver, pour qu’ils ne passent plus forcément par des plateformes de réservation. Quand ils réservent une nuit sur Booking à 120 €, nous ne touchons même pas 100 €, alors que le client pourrait l’avoir à 100 € en réservant directement chez nous. Il faut que les clients aient conscience qu’en réservant sur Booking ils donnent plus de 20 € à une entreprise qui n’a pas de siège social en France, et qui n’y paie pas d’impôts.

photos 10 bonnes raisons de se rendre a avignon

PHOTOS - © Stephen Colebourne / Flickr CC BY 2.0

Magazine GEO publication du 16/10/2019.

La "cité des papes" est l’une des rares villes françaises à avoir conservé ses remparts et son cœur historique, qui est entièrement classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Découvrez les 10 monuments et lieux d’intérêt à voir à Avignon en priorité.

Le palais des Papes

Situé dans la partie nord de la ville, le palais des papes est la plus grande construction gothique du Moyen Âge. Sa conception remonte au début du XIVe siècle. Ce monument historique classé au patrimoine mondial de l’Unesco est célèbre pour avoir abrité la papauté d’Avignon jusqu’en 1418, puis les légats pontificaux et la royauté française. Englobant la cathédrale Notre-Dame-des-Doms, l’ensemble épiscopal constitue l’un des dix monuments les plus visités de France.

Le pont d’Avignon (Saint-Bénézet)

Le pont Saint-Bénézet, couramment appelé pont d’Avignon, a été construit au milieu du XIIe siècle pour enjamber le Rhône, afin de relier les parties nord et sud de la commune. Il comptait 22 arches à l’origine, mais seules 4 ont subsisté jusqu’à aujourd’hui en raison des crues violentes et fréquentes du fleuve. S’il n’a jamais été réparé, l’édifice est devenu célèbre dans toute la France grâce à la comptine pour enfants "Sur le pont d’Avignon", dont l’écriture remonterait au XVe siècle.

Le rocher des Doms (jardin des Doms)

Positionné sur la rive gauche du Rhône, le rocher des Doms est l’éperon rocheux qui a servi de base à la construction d’Avignon et à son développement ultérieur. Il est depuis toujours considéré comme le berceau de la ville, qui s’est agrandie par cercles concentriques autour de lui. À la pointe du rocher se trouve le jardin à l’anglaise des Doms, qui permet d’admirer les paysages alentour et offre un superbe panorama sur les vieux quartiers pour les amateurs de photographies.

La rue des Teinturiers

Siège de l’activité manufacturière depuis le tout début de la révolution industrielle, la rue des Teinturiers est l’une des plus anciennes artères d’Avignon. Elle longe la rivière de la Sorgue qui était autrefois utilisée pour alimenter les moulins et rincer les tissus des teinturiers, dont quatre roues à aubes ont été conservées. Pavée et ombragée par des platanes, la rue est devenue un pôle touristique de la ville, en particulier pendant le Festival d’Avignon.

La place de l’Horloge

Parmi les quarante places d’Avignon, la place de l’Horloge est l’une des plus anciennes et imposantes. Elle constitue le cœur historique de la cité, et accueillait déjà le marché au XIIe siècle. Agrandie au fil des siècles, la place doit son nom au fait que la toute première horloge publique de la ville a été installée à cet endroit en 1471. Elle accueille notamment l’Opéra d’Avignon depuis 1847, ainsi que de nombreux monuments emblématiques de la "cité des papes".

Le musée du Petit Palais

Nommé en opposition au palais des papes, le Petit Palais était autrefois (du XVe au XVIIIe siècle) le lieu de résidence des archevêques d’Avignon. L’édifice a été nationalisé à la suite de la Révolution, avant d’être transféré à la commune au XXe siècle. Transformé en musée en 1976, il accueille une vaste collection de peintures et de sculptures médiévales, notamment des peintures anciennes italiennes. Plus de 1000 œuvres y sont actuellement exposées.

La basilique Saint-Pierre

Construite une première fois au VIIe siècle, la basilique Saint-Pierre aujourd’hui visible date du XIVe siècle bien que sa façade n’ait été achevée qu’en 1524. Cette église gothique, classée monument historique depuis 1840, a une architecture caractéristique du style "flamboyant provençal" avec des portes en noyer massif richement sculptées. Plusieurs œuvres d’art sont conservées à l’intérieur, notamment des tableaux de Simon de Châlons et de Nicolas Mignard.

Le musée Calvet

Le musée Calvet d’Avignon est l’un des mieux classés de France en raison de l’étendue de ses collections allant du XVe au XXe siècle : peintures et sculptures françaises, peintures italiennes, peintures nordiques, arts graphiques. Il contient également une section dédiée à l’archéologie égyptienne. Le musée Calvet dispose en outre d’une annexe (musée lapidaire) qui présente une collection archéologique représentant les civilisations grecque, romaine et gallo-romaine.

La rue de la République

La rue de la République est la principale artère de la ville d’Avignon, ainsi que l’un des principaux points d’affluence des touristes visitant la région. Cette rue pavée et commerçante concentre la plupart des offres d’hébergement et de restauration, et se transforme en espace piétonnier durant le week-end. Elle forme un axe central dans la ville, bordé de part et d’autre d’hôtels particuliers de toute beauté, ainsi que de nombreux monuments et points d’intérêt.

La place Pie d’Avignon

Créée en 1562 en l’honneur du pape Pie IV, la place Pie est l’emplacement du commerce alimentaire depuis cette époque, et celui des halles d’Avignon depuis 1899. Ce grand marché provençal est un espace de rencontres privilégié pour les habitants, même si l’édifice a connu de nombreuses transformations au cours de l’histoire. Le bâtiment génère aujourd’hui beaucoup d’attractions depuis qu’un gigantesque mur végétal a été ajouté en 2005 sur la façade de l’entrée.

courants airs

Magazine Courants d'air.
L'ART DE VIVRE À AVIGNON 20 août 2021, Angélina Hubner & Philippe Guersan .

DÉCOUVREZ LA VILLE SOUS TOUS SES ANGLES.
Vivante, vibrante, étonnante, insolite et plurielle, Avignon est une escapade de choix dont vous vous souviendrez longtemps ! Toute l'année, l'animation culturelle embrase la ville : opéras, théâtres permanents, expositions et festivals.

Plongez dans le monde de l'art.

Passionné d'art ? Partez explorer l'univers unique de Yan Pei-Ming, un artiste peintre. De juin 2021 à janvier 2022, il présentera dans la grande chapelle du célèbre monument gothique avignonnais une double exposition inédite intitulée «Tigres et Vautours». Et si vous en voulez encore, rendez-vous à la Collection Lambert où sera exposée une série d'oeuvres représentant les figures les plus influentes de l'histoire contemporaine jusqu'en septembre 2021.

La Fabrica - A la découverte des coulisses du Festival d'Avignon.

Si vous n'avez pas eu l'occasion d'assister au festival ni au festival « Off », en juillet dernier, à l'occasion des journées européennes du patrimoine, le Festival d'Avignon ouvre les portes de La FabricA, son seul lieu permanent.
Lors des visites guidées, vous découvrirez l'histoire du Festival à travers la FabricA, avec Clément Demontis, guide-conférencier passionné d'histoire, et les coulisses de ce lieu qui illustre 75 ans d'histoire, de théâtre et de fête à Avignon.
Ces journées seront également l'occasion de découvrir les photos de coulisses, de répétitions et de spectacles prises par Christophe Raynaud de Lage, photographe officiel du Festival d'Avignon. Autant de clichés immortalisant les instants d'effervescence artistique en lien avec la FabricA depuis sa création.
Ouverture les 18 et 19 septembre de 14h à 18h. Entrée libre.

Une ville envoûtante.

A Avignon, les placettes et les terrasses ombragées sont des lieux de convivialité ! On s'y arrête pour boire un verre, bavarder entre amis ou se reposer d'une longue journée de shopping auprès des nombreux artisans, créateurs de la ville. On vous conseille de flâner chez Fabricateurs, un groupement d'artisans créateurs www.fabricateurs.com , puis de faire une pause gourmande chez Aline Géhant artisan-chocolatier www.aline-gehant-chocolatier.com ou la Princière artisan-glacier .

Magazine Détours en France n°189
Publié le 12/08/2017

À la découverte d'une Avignon méconnue
Par Vincent Noyeux. Publié le 12/08/2017.

Campée au bord du Rhône, Avignon, la préfecture du Vaucluse n’a pas son pareil pour exciter les imaginations. Celle des comédiens lors du festival de théâtre, celle des passionnés d’histoire à l’intérieur du palais des Papes, celle des enfants qui chantent encore le pont écroulé… C’est pourtant à la découverte d’une Avignon méconnue que nous vous convions. Une ville où l’art contemporain se cache dans des hôtels particuliers, où le palais des Papes résonne encore de complots et où le théâtre se vit toute l’année…

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Murs des remparts, églises, vieux hôtels secrets, cours intérieures, jardins derrière de hauts murs, lâchant une branche verte… » En flânant dans les rues d’Avignon comme Elsa Triolet, grande amoureuse de la cité des Papes, on oublie vite les hordes touristiques qui, aux beaux jours, prennent la vieille ville d’assaut. On tombe par hasard sur la jolie calade de la rue des Teinturiers, bordée d’un petit canal où l’on fabriquait les indiennes. Ou sur la livrée Ceccano, véritable petit palais de cardinal aux murs crénelés, désormais transformée en médiathèque : on y lit sous les superbes plafonds d’origine, peints à la provençale. Rue du Roi-René, les bourgeois enrichis dans le textile, la soie ou l’imprimerie se sont offert de superbes hôtels particuliers. Dans le quartier chic de la rue Joseph-Vernet, l’un d’eux – sans doute le plus élégant, abrite le musée Calvet. Non loin, l’hôtel Caumont et, depuis peu, l’hôtel de Montfaucon, tous deux du XVIIIe siècle, abritent la collection d’art contemporain d’Yvon Lambert. On y admire des oeuvres de Basquiat, Cy Twombly, Nan Goldin et autres figures de l’art d’avant-garde.

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La rue des Teinturiers est bordée par le canal de Vaucluse. Ce dernier, issu des eaux de la Sorgue, est ponctué de roues à aubes. Il servit de force motrice à des moulins et filatures de soie, entre le XIVe et le XIXe siècles. Les teinturiers venaient y rincer leurs indiennes. Il ne reste plus aujourd'hui que quatre roues à aubes.

Le palais des Papes, un château fort.

Tôt ou tard, on finit par se planter devant la masse blanche du palais des Papes… qui évoque davantage un château fort qu’un palais. Tout ou presque a déjà été dit sur cet édifice du XIVe siècle, siège de la papauté de 1309 à 1418. Il fut bâti presque entièrement en dix-sept ans par deux papes, Benoît XII et son successeur Clément VI. Le premier, un ancien moine cistercien, bâtit le Palais Vieux dans un style austère et dépouillé. Le second fit édifier le Palais Neuf dans un style radicalement différent, fastueux et ostentatoire.

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Les amateurs d'art contemporain font le déplacement à l'hôtel de Caumont (et maintenant de Montfaucon qui a doublé la surface d'exposition) pour admirer les œuvres de la collection Lambert. Les fans des mouvements artistiques des années 1980 et 1990 sont bluffés.

La légende noire du palais des Papes.

Est-ce tout ? Une visite guidée hors des sentiers battus nous en apprend bien davantage. Les tours de défense, les murs à créneaux et les mâchicoulis n’étaient là que pour impressionner le visiteur. Chef de l’Église catholique romaine, le pape était alors le dignitaire le plus important de l’Occident chrétien. Et l’un des plus riches. La construction du palais a coûté 400 000 livres. Six fois plus que ce que déboursa Clément VI lorsqu’il racheta la ville d’Avignon à la reine Jeanne de Naples en 1348 ! Passons la cour d’honneur, où le pape bénissait la foule, et rendons-nous au cloître, que surmonte un clocheton. « Autrefois une cloche d’argent sonnait l’heure des repas. C’était le signe qu’il fallait évacuer le palais. Le pape devait y manger seul pour éviter les tentatives d’empoisonnement. On a retrouvé des figurines de cire cachées dans du pain sur la table de Jean XXII. La tentative d’envoûtement provenait de l’évêque de Cahors ! », raconte notre guide.

Sous la Révolution, le palais a été transformé en prison. Le cloître servait de préau pour les détenus « ennemis de la Révolution ». Une soixantaine de « suspects » furent jetés du haut de la tour des Latrines, entretenant la légende noire du palais. Passons à la cuisine haute, qui jouxte le tinel (salle des banquets). Les rôtisseurs s’activaient sous la cheminée de 20 mètres de hauteur. « Charles Dickens, qui visita le palais en 1844, a relaté le récit d’une guide appelée Farfadet qui évoquait des tortures inquisitoriales dans cette cuisine. La cheminée avait prétendument la forme d’un entonnoir pour étouffer les cris des suppliciés ! Sauf qu’on n’a jamais trouvé trace d’Inquisition au palais… ».

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Le cloître Benoît XII est ceint d'une double galerie particulièrement sobre. Cet espace est privatisable : réunions, congrès et symposiums s'y déroulent toute l'année.

Dans la Chapelle Saint-Martial.

Occupé par les armées au XIXe siècle, le palais a subi les dégradations irréparables du génie militaire. La plupart des salles du palais sont coupées en deux par des planchers, comme on le voit dans la chambre de parement. La superbe chapelle Saint-Martial s’en sort bien. Ses fresques, signées du maître italien Matteo Giovannetti, ont pourtant été dégradées. Parmi les graffitis laissés par les visiteurs, on découvre celui de Prosper Mérimée, qui s’offusquait pourtant du saccage des peintures murales. La feuille d’or a aussi été limée par les militaires : l’ancienne chapelle du pape leur servait de fonderie de plomb ! Un remarquable travail de restauration a permis de retrouver le bleu outremer, fait en lapis-lazuli, des fresques d’origine. Il faut « lire » ce chef-d’oeuvre sur la vie de saint Martial de haut en bas, en suivant un mouvement de spirale depuis la voûte.

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Au sommet de la cathédrale Notre-Dame-des-Doms, dans le prolongement du palais des Papes, la statut de 6 mètres de haut et 4,5 tonnes qui domine la ville depuis 1859. La Vierge bénit Avignon d'une main et de l'autre la protège.

Dans le dressing de Clément VI.

La chambre du Pape et la chambre du Cerf, aux superbes décors de rinceaux et de scènes de chasse, sont les merveilles du palais. Paradoxalement, on doit leur bon état de conservation aux militaires, car en les badigeonnant de chaux, ils ont contribué à les préserver de toute dégradation. Un escalier caché nous emmène, un étage plus bas, dans l’une des deux salles où Clément VI avait sa garde-robe d’habits liturgiques. Une tour entière pour se vêtir ! Plus loin, une porte dérobée nous dévoile un autre espace : le grand promenoir, sorte de jardin d’hiver où l’on déambulait entre quatre murs, puis l’étonnante galerie du Conclave, vertigineuse succession de voûtes sur croisées d’ogive. Derrière le tinel, des rangées de fauteuils se font face dans une immense salle en long : il ne s’agit plus du conclave, mais d’une salle de réunion du centre des Congrès ! Nous terminons au sommet du palais. Vue splendide sur la ville et ses environs. Sur la rive d’en face : « Villeneuve-lès-Avignon, commente notre guide. Les cardinaux en faisaient leur lieu de résidence privilégiée, fuyant la puanteur et la foule d’Avignon : banquiers, changeurs, juristes, mendiants… Au temps des papes, la ville a décuplé sa population en un demi-siècle ! »

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Les fresques de la chapelle Saint-Martial, dans le palais des Papes, représente la vie du saint venu évangéliser le Limousin, région dont le Pape Clément VI (1291 - 1352) qui les commanda, était originaire.

 

Que faire et que visiter à Avignon ?
Magazine Détours de France. Par Léa Billon. le 15/06/2015

En juillet, Avignon accueille depuis 1947 le Festival d'Avignon, sa célèbre manifestation de théâtre et de spectacle vivant. L'occasion de (re)découvrir une ville française au patrimoine historique exceptionnel. Que vous veniez pour une journée, un weekend ou une semaine, Détours en France vous dévoile que faire à Avignon. Pont, palais, chapelle, spectacles, sorties culturelles... Les lieux magiques et activités sont nombreux dans "la Cité des Papes". Nous vous faisons visiter Avignon, ses rues et ses monuments à travers 10 activités immanquables.

Dans les coulisses du Palais des Papes.

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Au cours de cette visite privilégiée de la résidence des souverains pontifes, des escaliers cachés et des couloirs dérobés vous conduiront du cellier aux terrasses, à la découverte des appartements privés, des étuves, du jardin... Un parcours insolite qui se terminera en hiver par un goûter dégustation aux saveurs provençales et en été par un rafraichissement sur la terrasse panoramique des Grands Dignitaires

Le Pont d’Avignon en 3D

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Le projet de restitution en 3D du pont d’Avignon est une aventure scientifique qui a mobilisé géomorphologues, historiens, archéologues et architectes pendant plus de quatre ans à la recherche des secrets du monument. Ce travail d’enquête interdisciplinaire sans précédent a permis d’augmenter considérablement la connaissance de ce monument dont l’histoire est paradoxalement méconnue. Grâce aux nouvelles technologies, les 18 arches manquantes du pont franchissant un paysage fluvial disparu, ont été reproduites en 3D. Une restitution intégrale du Pont d’Avignon Saint-Bénezet et du châtelet de défense de la Tour Philippe le Bel dans son environnement fluvial médiéval.

Grâce à la réalité augmentée, sur bornes interactives, tablettes tactiles ou smartphones, les visiteurs peuvent désormais bénéficier de ce spectacle grandiose lors de la visite du monument. Un film sur la reconstitution numérique de la traversée aller-retour du Pont d’Avignon est visible sur : www.grandavignon.fr


La chapelle Saint-Martial : dans l’intimité d’un chef-d’œuvre

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1 - Angle sud-est de la chapelle Saint-Martial
2 - Apparition du Christ à Saint-Martial. Détail.Vision des martyres de Saint Pierre et Saint Paul.

Un espace unique et fragile, joyau de la peinture européenne du XIVe siècle. La visite débute dans le Consistoire, devant les fresques de Simone Martini où vous sera exposée la technique de la fresque. Elle vous conduira aussi dans la chapelle Saint-Jean, œuvre de Matteo Giovannetti, peintre officiel du pape Clément VI et artiste majeur du XIVe siècle, où vous seront présentées les vicissitudes des décors peints du Palais des Papes à travers les siècles. Vous pénétrerez ensuite dans la chapelle Saint-Martial par le Tinel et découvrirez cette œuvre de manière privilégiée, l’histoire de la restauration de ces fresques incomparables ainsi que l’importance de l’étude climatique actuellement menée et à laquelle vous participerez par votre présence.
Billetterie

En ligne sur www.avignon-tourisme.com,
Par téléphone au 04 32 74 32 74,
Sur place, aux caisses du Palais des Papes le jour même, en fonction des places disponibles.

L’île de la Barthelasse à vélo avec Daytour.

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Découvrez les vergers des Avignonnais ainsi que des points de vue sur Avignon et Villeneuve-Les-Avignon, à l'occasion d'une balade familiale à vélo avec GPS audio sur l’île de la Barthelasse. Réservations de vélo sur www.daytour.fr.

Balade sur le fleuve au départ d’Avignon.

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Profitez d'une promenade de 45 minutes aller-retour d’avril à fin septembre, pour découvrir Avignon, ses fameux monuments, l’île de la Barthelasse et Villeneuve depuis le Rhône.

Les Halles d’Avignon, marché couvert avec démonstration de cuisine le samedi.

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Grand marché couvert, les Halles d'Avignon regroupent une quarantaine de commerçants, ambassadeurs du goût, de la qualité et de la fraîcheur des produits de terroir de la région. Elles sont ouvertes du mardi au dimanche, de 6h à 13h30.

La Petite cuisine des Halles.

Les chefs avignonnais ont à leur disposition un espace cuisine qui leur permet de faire une démonstration de leurs talents autour d’une recette et d’un menu, faciles à réaliser, avec les produits des halles. Tous les samedis de 11h à 12h (sauf août).

Balade en canoë kayak sur le Rhône.

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Pour découvrir la ville autrement, embarquez en canoë sur le Rhône, au coeur de la cité des papes. Profitez de la tranquilité du fleuve pour observer des points de vue inédits depuis votre bateau.

La réouverture de la collection Lambert.

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Jean-Michel Basquiat, Asbestos, 1981-1982, acrylique sur papier marouflé sur toile, 282 x 272 cm. Donation Yvon Lambert à l'Etat français / Centre national des arts plastiques / dépôt à la Collection Lambert en Avignon.

Cette collection d’art contemporain, reflète les grands mouvements de l’art de notre temps. Avec 556 oeuvres, la donation d’Yvon Lambert à l’État Français, mise en dépôt permanent à Avignon, constitue l’une des plus importantes effectuées en France.

Une partie des chefs d'oeuvre du fonds donné à l'Etat et mis en dépôt permanent à Avignon sera présentée dans le nouveau bâtiment mitoyen, l'Hôtel de Montfaucon, dont certains n'ont jamais été montrés au public.

Une grande exposition hommage à Patrice Chéreau intitulée "Un musée imaginaire", occupera tous les espaces de l'Hôtel de Caumont.

Avignon, capitale mondiale du théâtre.

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Le Festival Théâtr’enfants se déroule à la Maison du Théâtre pour enfants à Avignon.

En juillet, Avignon devient la capitale mondiale du théâtre. Et le reste de l’année ? Ça continue ! Une petite dizaine de théâtres et de compagnies permanentes font vivre les scènes de la ville. Parmi elles, le théâtre du Chêne noir, fondé par Gérard Gelas, l’une des grandes figures du théâtre à Avignon. « Les théâtres les plus actifs de la ville sont tous dirigés par des artistes. Ici, au Chêne noir, je dirige, mais je mets aussi en scène et j’écris des pièces. J’essaie de pratiquer le théâtre tel que me l’a appris Jean Vilar : tourné vers le jeune public et les enfants des quartiers. Nous formons aussi des comédiens, nous construisons nos décors, programmons aussi bien Francis Huster que des jeunes compagnies inconnues, faisons tourner nos créations. Et puis ici, les spectateurs peuvent manger sur place et rencontrer les artistes après le spectacle. Cela aussi, ça vient du Théâtre national populaire (TNP). »

Propulsé sous les projecteurs du festival lors de l’édition mouvementée de 1968, Gérard Gelas y participe chaque année. « Un spectacle chasse l’autre, c’est sympathique mais assez superficiel. Je préfère l’hiver : plus de temps, plus de plaisir.».

Les luminessences.

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Le spectacle de projection monumentale "Les Luminessences d’Avignon" investit le Palais des Papes. Chaque soir, le Palais raconte son histoire en illuminant à 360° les façades de la cour d’honneur.

Demeure de neuf papes successifs, carrefour de la chrétienté médiévale, lieu de résistance à plusieurs sièges, ce lieu unique au monde, classé au Patrimoine mondial de L’Unesco, fut le cœur et le témoin de grands chapitres de l’histoire européenne. À la pointe des technologies de l’image et du son, Les Luminessences d’Avignon plongent le spectateur dans un tourbillon visuel et narratif ininterrompu, d’un rythme à couper le souffle. Les images monumentales habillent intégralement les quatre façades de la cour, et enveloppent le public dans une fusion poétique d’architecture, de lumière et de musique.